lundi 5 novembre 2012

Au-delà des montagnes


Elle prit le temps de regarder autour d’elle. Elle prit une grande respiration et regarda la forêt. Elle n’arrivait pas encore à comprendre pourquoi elle s’était enfuie si loin. Pourquoi la vie l’avait poussé à courir jusqu’à ce qu’elle ne sente plus ses jambes.

Elle y était maintenant ; la forêt. Comme un rêve, une odeur d’enfance, un moment d’extase. Cet endroit tabou, cet endroit rempli de légendes et d’histoire extraordinaire. Là où elle se sentirait toujours chez elle.

Elle ajusta son sac à dos. Elle n’avait pris que le nécessaire. Elle éclata de rire et lança son téléphone au bout de ses bras, elle n’en aurait plus besoin maintenant. Elle retournait à la maison.

Certes, elle avait prit le temps d’y penser avant. Elle avait tourné la question dans sa tête, sous ses sens, toutes ses coutures. Mais aujourd’hui, c’était différent, plus fort qu’elle, comme si, soudain, elle n’avait plus besoin d’y penser. Courir, était devenu un automatisme.

Elle prit le temps de regarder autour d’elle. Le bout de route sur lequel elle se tenait était sans doute la dernière vision qu’elle allait avoir de la civilisation actuelle. Là où elle va, il n’y a pas de routes, pas de voitures, la technologie n’est qu’une histoire qui fait rire les vieillards.

Elle part retrouver le peuple au-delà des montagnes. Celui dont tout le monde parle, celui que personne n’a jamais vu ; le mythique. Aujourd’hui, les gens ne vont plus dans la forêt, elle leur appartient. Ceux qui prennent le risque ne reviennent rarement.

Aujourd’hui, elle a décidé de prendre le risque. Elle se lancera dans la forêt. À pas de courses, sans regarder derrière, elle ira rejoindre les siens.

***

Se lever du bon pied. Continuer sa journée sans arrêter de danser. Sourire sans raison dans l’autobus. Même si mon iPod est sur random, j’entend juste de la belle musique dans mes oreilles.

Hm. Oui. Une belle journée.

Quand l’amour n’est pas au rendez-vous. Quand il n’est pas dans le mood. Quand il a l’estomac dans les talons ou quand il a froid. Quand l’amour manque le train. Quand il et en retard ou même parfois trop tard. Quand il se lève du mauvais pied. Quand l’amour n’est pas dans le mood et qu’il décide de scrapper ta journée.

Moi je dis non. Juste non.

dimanche 4 novembre 2012

Texte du dimanche


Dimanche est une journée pour ne rien faire. C’est une journée pour regarder les heures passer. Avec le changement d’heure, je me sens gâtée. J’ai une heure de plus à regarder passer. Merci!

***

Aujourd’hui, page blanche, je te déteste. Je suis incapable de te remplir. Remarque, aujourd’hui, je suis incapable de penser aussi, ce qui ne m’aide pas dans mon processus de création. J’ai la tête pleine de conneries, pleine d’inquiétudes, pleine de merdes quoi!

Remarquez, si je n’avais pas poussé mes limites stomacales hier soir je me sentirais certainement mieux, j’aurais les idées claires et la tête fonctionnelle. Hier soir, ma gastrite semblait tellement loin derrière moi que j’ai eu la brillante idée de boire du vin. Bravo la championne!

Je me suis donc retrouvée à deux heures du matin, la tête dans le bol, à vomir une partie de moi. Aujourd’hui, j’ai 82 ans. J’ai mal aux mollets… Aux mollets?! Pourquoi? J’en ai aucune idée! C’est ridicule.

Mais bon, je ne blâmerai pas mon sens irréductible de l’irresponsabilité, je blâmerai dimanche. Dimanche, tu me donnes tellement envie de ne rien faire que je suis incapable de pondre un texte sur autre chose que moi qui dégueule. Oui, j’aurais pu remettre le tout à lundi et écrire deux pages, mais non. C’est ma punition.

Je m’auto-flagelle en écrivant la pire des merdes.

***

Ce texte que personne n’a envie de lire. Ce texte que je n’ai même pas envie d’écrire. Dimanche, dimanche, dimanche. Meh. Meh. Meh.

samedi 3 novembre 2012

Samedi matin


Elle s’est acheté des fleurs de papiers jaunes. Comme ça, elles ne faneront pas. Ce sera l’été à l’année longue dans son salon. Les fleurs fanées ne nous rappellent que le bon temps où on les a cueillies.

Aujourd’hui, le souvenir des jours fleuris lui pèse plus qu’à l’habitude.

Les papillons sont sortis de son ventre, laissant un vide lassant. Complètement blasée, assise à côté d’un vase plein de fleurs de papier, l’automne s’est bien installé.

Dehors, le temps est gris, à l’intérieur aussi. Elle sait qu’elle ne doit pas forcer les choses. On dit que les choses viennent habituellement d’elles-mêmes et comme le temps fait bien les choses, elle attend. Assise à côté des fleurs de papiers jaunes, elle attend.

Elle place toute sa confiance dans le temps. Il s’occupera d’arranger les choses. Il fera revenir les fleurs et les papillons. Il la bercera en souvenir des jours fleuris.

***

Vivre au temps des superficiels. Ne pas se perdre dans la masse, sortir de la marge, être visuellement élégants.

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Petit ange au cœur sucré. Tu es venu me voir pour que j’attache ton manteau. C’est vrai que ce n’est pas évident de le faire tout seul quand tu portes des mitaines. J’ai bien attaché ta tuque, maman à peur que tu aies froid, tu as tendances à faire des otites comme moi quand j’étais petite. Je caresse ton visage rougi par la chaleur, tu veux aller jouer dehors maintenant.

Plus tu grandis plus tu ressembles à ton père, mais tu as mes yeux même s’ils sont bleus comme les siens. Je te regarde par la fenêtre de la cuisine, tu aimes la neige, mon petit ange au cœur sucré. Je sais que bientôt le jour arrivera, celui où j’aurai à t’expliquer pourquoi tu ne le connaitras jamais. Pourquoi j’ai choisi qu’il ne ferait pas parti de nos vies. Je sais que tu comprendras, tu es comme moi, tu as la compréhension facile.

Je quitte la fenêtre des yeux et je cours enfiler mon manteau. Le temps passe trop vite. La vaisselle attendra. Je cours te rejoindre dehors. Tu ries, tu me trouves drôle. Nous roulons ensemble dans la neige et tu ries encore plus fort. Ton rire est la plus belle chose qui pouvait m’arriver.

Côte à côte, nous faisons des anges dans la neige. Nous sommes des petits anges aux cœurs sucrés. Un jour je t’expliquerai comment ton père a pris mon cœur pour le mettre dans son café un samedi matin.  

vendredi 2 novembre 2012

Une page par jour (ou la procrastination à son meilleur) - La gastrite


Oui, je sais, j’avais dit une page par jour. Donc, aujourd’hui, logiquement, je devrais écrire quatre pages. On verra.

Voyez, c’est difficile aussi pour moi de maintenant une certaine cadence. J’ai un travail à temps plein, j’ai une vie sociale et aussi surprenant cela puisse parraître, je ne passe pas l’entièreté de mon temps devant mon ordinateur.
 
De plus, cette semaine, j’ai eu une magnifique surprise. J’ai été pris de cours par la maladie. Ouais, je suis malade comme une truie. J’ai une superbe grippe avec un bonus de gastrite. Mais grippe comme dans vraie grippe. Je tousse, je crache, j’ai la gorge en feu et mes poumons sont visiblement fâchés. Puis la gastrite... Ah gastrite, ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu toi et moi.

En fait, pour vous faire une histoire courte d’étymologie médicale, une gastrite, c’est une inflammation des parois de l’estomac due à un surplus d’acidité qui fait absolument tout pour vous rendre la vie invivable.

Les causes principales de la gastrite? Hm. Le stress, la cigarette, le sucre, l’alcool et la caféine. Oups, c’est l’équivalent de me résumer en cinq mots. Oui, je suis mal barrée côté stomacale.

***

Avant, je me disais que j’étais faite pour l’amour à distance. Que c’était bien, une bonne idée, une belle invention. La relation idéale qui me laisserait du temps pour moi et qui ferait que je n’aurais jamais de comptes à rendre. Ça, c’était avant, avant que ça me tombe dessus.

Rendue à trente ans, quand l’amour te tombe dessus, tu te fous pas mal de la distance et du tralala. Tu remercies le ciel, tu cries des louanges ridicules à un Dieu en lequel tu crois plus ou moins et tu appelles ta mère. À trente ans, quand l’amour te tombe dessus, t’es contente en sacrament parce que oui, t’avais perdu espoir un peu.

Je ne pensais pas trouver l’amour à huit heures de route. Je ne pensais pas trouver l’amour dans un autre pays. Je ne pensais pas que l’attente serait insupportable.

Bref, j’en fais une gastrite.

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Pour toi, je m’achèterai une jolie robe. J’irai me faire couper les cheveux. Je porterai de talons hauts, mais pas trop pour ne pas te dépasser. Je serai altruiste de ma grandeur.

J’essaierai d’avoir l’air en forme en sortant de l’autobus. De bonne humeur, pimpante de joie et je ne te parlerai même pas de l’homme qui sentais le swing dans la banc à côté de moi. Son odeur m’a donné mal à la tête mais je ne plaindrai pas. Je serai beaucoup trop heureuse pour me plaindre de toute façon.

Je retrouverai ton odeur, je te redonnerai ton chandail. Je t’en subtiliserai un autre avant de repartir de toute façon.

Tu me manques tellement que j’en fais une gastrite.

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La façade qu’il se donne pourrait bien tomber. Il entend le mur craquer. Il voit les briques tranquillement s’effriter. Par la fente l’air commence à passer, on voit même la lumière du jour pénétrer. Ce n’est qu’une question de temps. Petite fissure deviendra grande. Petite pièce sombre au fond de lui deviendra grande verrière plein soleil.

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Petite bête sauvage. Pleine de courage, pleine de peine, tu souries quand même. Petite bête sauvage, je te connais bien. Je suis un peu comme toi. Au fond de ta tanière tu cherches. Le pourquoi, le comment, mais tu ne comprends pas vraiment. Les réponses ne viennent jamais seules, les ennuies non plus. Chaque jour tu te demande le pourquoi, le comment, les réponses ne viennent pas, les ennuies non plus.

Petite bête sauvage, le chasseur te guette. Au fond de ta tanière tu te caches. Ton petit cocon ouatiné que tu ne veux plus quitter, tu t’y blotties, confortablement, à l’abri, saine et sauve.

Petite bête sauvage, le chasseur sait, le chasseur guette. Ton cœur il prendra, sans regret il le mangera, sans regret il le digèrera, sans regret il repartira en quête d’une nouvelle proie.

Petite bête sauvage, tu le sais toi aussi, mais tu ne peux t’empêcher de mettre le nez dehors. C’est novembre, ton nez est froid, tes joues son rouges, tu ressemble au mois de mai.

Petite bête sauvage. Pleine de courage, pleine de peine, tu souris quand même. Ton cœur à moitié mangé tu continues d’avancer. Le pourquoi, le comment, les réponses ne viennent pas, les ennuis non plus. Tu attends déjà le mois de mai.

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Marcher avec le vent dans la face, nager à contre courant, se laisser porter par la vague, voguer sous un ciel tranquille. Vogue, vogue, vogue petit matelot. Come on vogue, let your body move to the music. Si j’étais un homme je serais capitaine. 

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Elle aime quand l’amour fait mal. Quand les nœuds autour de ses poignets son trop serrés. Elle aime se débattre. Elle aime contempler ses ecchymoses. Ses cicatrices de guerre, grande guerrière.

Elle aime l’amour qui fait mal.
  
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(Attention, ici, c’est la partie où je me plains de ma gastrite. En général, je déteste me plaindre, mais ici, j’ai le droit. De toute façon, avec le pourcentage de la population qui a fait de cette page leur lecture du dimanche, je ne risque pas tellement de tomber sur les nerfs de quiconque)

L’avantages d’avoir une gastrite (car oui, voyez, je me veux optimiste, j’essaie de trouver des avantages à ma maladie impromptue), c’est la perte d’appétit. J’ai perdu 8 livres en 4 jours. C’est une bonne moyenne je trouve! La perte d’appétit… comprenez-moi bien, quand le simple fait d’ingérer un putain de verre d’eau vous donne le pire spasme stomacale de votre existence, vous aussi, vous auriez une enfant de chienne de perte d’appétit! Mettons que l’envie de manger un sandwich est loin dans ton subconscient.

Toutefois, la combinaison grippe/gastrite comporte plusieurs désavantages. Habituellement, je tue mes grippes à grands coups de jus d’orange. Si je pouvais me shooter à la vitamine C je le ferais. Mais là (vous me voyez venir, je le sens), comme le verre d’eau me donne envie de m’ouvrir les veines en criant des grossièretés en latin, vous comprendrez certainement que j’ai oublié le jus d’orange.

J’ai donc voulu me mettre au repos, parce que visiblement, j’en ai besoin, mon corps m’envoie un signe, il me dit ²Wo les moteurs fifille!² . Déjà que ma qualité (et ma quantité) de sommeil est plus que médiocre, le fait que j’ai des quintes de toux qui me font cracher ma vie toutes les 10 minutes n’améliore pas ma situation. J’aimerais bien prendre une belle et douce gorgée de sirop à la cerise, mais c’est la même histoire que le jus d’orange… oui, j’ai essayé.

Pas de sandwichs, pas de jus d’orange, pas de sirop à la cerise. Juste moi, moins 8 livres, cernée jusqu’en dessous des bras.

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J’affronte la page blanche en me disant que rien ne peut m’arrêter. Rien. Je jetterai l’encre sur cette page telle une pieuvre en beau criss.

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On prend toujours un train. Quand tu en manques un, tu prends le prochain. Pas de surprises, pas de déraillements, tu arriveras sur le quai #3 et personne ne t’attendra. Tu me diras s’il y a de la lumière au bout du tunnel. Tu as choisies de prendre un train, un chemin bien tracé qui t’amènera là où tout le monde attend quelqu’un qui ne viendra pas, où les arrivés ne sont pas attendus. La vie est un train. J’ai décidé de sauter et je cours dans un champ. Peut-être nous reverrons-nous sur le quai #3. Je ne t’attendrai pas. Tu m’auras déjà oublié.

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L’hérédité en pleine face. Comme une bourrasque de janvier avec de la neige pis toute le kit. Pendant que son arbre généalogique perd ses feuilles elle s’accroche, pis y vente fort en tabarnack.

L’hérédité en pleine face. La claque qu’elle avait essayé d’éviter toute sa vie. On ne peut pas faire mentir la génétique.

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Quatre pages, oui, je suis fière de moi.

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L’humanité fait son possible et moi aussi.